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Néguev épisode 6

Neguev épisode 6

Nous abandonnons notre villégiature le lendemain tôt, à regret, pour notre prochaine étape, Meizad Tamar. Le trajet du début de cette journée n’est pas très pittoresque, car il emprunte majoritairement de larges pistes. En fait, le Schvil suit un itinéraire qui évite la région des carrières dont nous avons pâti la veille. Sur la carte du topo figurent d’immenses bassins destinés à laver le minerai avant son stockage, mais nous passons au large, évitant ainsi des vents chargés de poudre blanche. Très peu de végétation borde le chemin, si ce n’est, à chaque wadi que nous traversons, des genêts de très grande taille derrière lesquels nous nous abritons à chaque halte. Pour supporter le soleil, nous nous arrêtons toutes les heures après 9 heures, ce qui nous permet aussi de nous reposer du poids du sac, accessoirement de boire une gorgée d’eau bienvenue. Nous constatons que même s’il pèse sur nos (vieilles) carcasses, le sac devient plus supportable avec l’habitude. Il n’est pas plus léger, sauf en fin de journée, quand nous avons bu une partie de nos réserves, mais nous avons l’impression de faire corps avec lui, et que la situation normale est celle où nous le portons sur les épaules. Chaque journée est étalonnée sur huit heures de marche environ, sans les arrêts, brefs mais fréquents à part celui de midi, de 2 heures pour échapper aux heures les plus chaudes. Avec le poids du sac et la chaleur, nos pieds ont tendance à chauffer dans les chaussures, et nous veillons à ne pas laisser la moindre ampoule apparaître en refroidissant régulièrement le dispositif moteur à chaque halte, car. nous avons intérêt à ménager notre monture. Cette pose de midi est incontestablement la plus agréable. Nous avons acheté en France de la saucisse sèche qui nous tient lieu de repas de midi, avec des pita, ces petits pains ronds achetés à Arad avant de partir. Le dessert se compose de deux grosses dates. En fait, malgré l’effort physique, nous mangeons assez peu, car la chaleur décourage l’apétit, et que nous avons autour du bassin quelques réserves embarquées, autrement dit des pneus, à solliciter.
Ce sentier de liaison nous mène en fin d’après-midi au fort antique de Meizad Tamar, à proximité duquel nous devons passer la nuit. La construction romaine est quasi intacte, avec ses tours, et on a le sentiment que ce serait , n’étant le poids des blocs qui la composent, comme une gigantesque partie de Lego que de remonter la forteresse avec les effondrements alentour. Magique (pour moi !).
Nous ne montons pas les tentes, car aucun espace n’est suffisamment lisse pour pouvoir dormir confortablement. Nous avisons d’anciens bâtiments de carrière en béton, abandonnés, et nous installons dedans, sur la dalle, et à l’abri. Dans ce cas comme à Arad, quand on se trouve de facto en marge de la société ambiante, à dormir n’importe où, on a vite le sentiment d’être davantage des clochards que des randonneurs. Cela ne nous empêche pas de passer une bonne nuit.

Merci François

Une petite énigme de Bartassous

Dans une salle il y a trois Bartassous, un Bartassou aveugle (Bon, je sais, il n’y en a pas, mais peu importe!), un Bartassou borgne et un Bartassou voyant. Devant eux, il y a un sac avec à l’intérieur 4 boules blanches et 1 boule noire.
Chaque Bartassou pioche une boule sans la regarder et la pose sur sa tête.
Chacun voit la boule sur la tête des autres (sauf le Bartassou aveugle bien entendu!).
Chaque Bartassou doit deviner la couleur  de la boule qu’il a lui même sur sa tête.
Alors, instantanément, le Bartassou aveugle dit : « j’ai une boule blanche »
Et il a raison. Pourquoi?

Réponse avec la prochaine énigme.

Le Pantanal

À la frontière entre la Bolivie et le Paraguay subsiste une nature immaculée, un petit paradis terrestre avec une faune extravagante, c’est le Pantanal.
Dans cette région reculée du monde, la nature a repris tous ses droits, c’est elle qui mène la danse et impose son rythme, les hommes doivent s’adapter.
La région est connue pour être réserve mondiale de biosphère et elle se remplit pour devenir un marais de la taille de la Grande-Bretagne avec un niveau atteignant les 13 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Entre décembre et mars, les 230.000 kilomètres carrés de plaines sont ensevelis par les eaux (il faut alors troquer la Jeep contre un bateau à moteur) tandis qu’en période sèche, la région devient l’un des meilleurs spots d’observation de la faune locale, animaux et oiseaux à la recherche d’eau.
Lo Bartas vous invite à découvrir Le Pantanal ICI  Merci Michel R.

 

Néguev épisode 5

Neguev épisode 5

Pour commencer la troisième journée, nous prenons un café dans le centre d’Arad. A l’aube,les israeliens avec qui nous buvons le café, à la vue de nos gros sacs, manifestent une sympathie marquée à ceux qui parcourent le Schvil. Ce sentier est une fierté nationale, et, une « épreuve de citoyenneté » pour de nombreux adolescents israeliens, souvent issus des milieux traditionnels ou religieux, qui s’y lancent pour une ou deux étapes.
Les sanitaires de la gare des autocars (très propres, je vous les recommande !) nous permettent une toilette salutaire avant d’attaquer le parcours, qui débute par un wadi très profond et encaissé que nous suivons pendant deux heures. Lui succède une ascension qui nous mène à un autre poste romain dominant la vallée, Rosh Zohar, où la vue porte jusqu’à la Mer morte. Nous découvrons que le Schvil suit cette frontière antique sur une bonne partie de son trajet.
Dépassés par de gros 4×4, nous suivons une piste large et roulante sous un soleil de plomb, qui dessert quelques gros « villages » de bédoins nomades. Ils se regroupent aux franges des villes, pour rester entre eux, conserver leur mode de vie, élever leurs troupeaux. Mais le contraste de leurs habitats de planches et de tôles, installations précaires en plein désert, avec la modernité du pays heurte l’esprit, même s’ils sont opposés à toute sédentarisation et à tout habitat en dur Absorbés par cette discussion nous ne nous apercevons qu’après plusieurs km, en sortant la carte lors d’une pose, que nous avons loupé l’embranchement du Schvil. Une solution de secours s’offre à nous en suivant un chemin large, empierré, qui rejoint le sentier à une dizaine de km. Soudain, Soudain, apparaissant sur le bord du chemin, un groupe de six antilopes surgit, broute quelques touffes en nous regardant, et disparaît dans les rochers. Nous sommes venus pour découvrir cette nature sauvage indomptée, et ces animaux en liberté sont comme un éblouissement sur ce chemin surchauffé. Cette chaleur de mars nous rappelle déjà que ce trajet doit être très difficile dès que le mois d’avril arrive, au début du printemps-été. D’une manière générale, les écarts de températures sont assez difficiles à vivre, surtout sous la tente, puisque nous avons relevé près de 30 degrés d’écart entre la nuit et le jour. Au départ le matin à 6 heures, la veste du Bartas est la très bienvenue pour les deux premières heures, jusqu’à ce que le soleil commence à taper, vers 8 heures. Notre après-midi se passe en bordure de la « route de la farine ». Sous ce titre poétique se cache une voie empruntée par les camions sortant d’immenses carrières de phosphates, une roche blanche et pulvérulente, servant à fabriquer des engrais. Avec la chaleur et le vent, cette roche devient une poussière très fine et volatile. Les camions déposent en roulant cette farine qui s’échappe de leurs bennes, et qui s’élève en nuage a chacun de leur passage. Nous arrivons à notre étape tous blancs et assoiffés par cette portion de parcours. Le topo indique une passe difficile dans un wadi, que nous franchissons sans mal malgré la fatigue. L’emplacement de Beer éfé que nous choisissons pour la nuit est charmant, et nous récupérons nos bouteilles cachées avec bonheur. Nous nous octroyons royalement une douche contingentée à un demi litre d’eau chacun, savon compris. Essayez, c’est possible, vous me direz.

Suite au prochain épisode: merci François

 

 

Néguev épisode 4

François continue son récit:

En fait, nous ne savons pas, mais Har Amasa était un poste avancé de l’armée romaine après la conquête de 71-73 après J. -C. Rien a subsisté de la construction, mais nous vérifions dès le départ le lendemain au lever du jour à 6 heures, que ce poste gardait la voie romaine du limes, la frontière établie militairement contre les barbares en général, en l’occurrence contre les tribus bédouines du désert . Ce limes ceinturait l’Empire romain, gardé par les légions, et en garantissait la sécurité des populations. La voie, outil stratégique, permettait le déplacement rapide des troupes. A l’autre bout de l’Empire, le fameux mur d’Hadrien en Ecosse constituait un autre tronçon de ce rempart sécuritaire. Nous parcourons cette voie sur une dizaine de kilomètres, parfaitement conservée, avec son dallage, les pierres dressées qui délimitent la largeur de 7 mètres (la même que dans le camp du Larzac) pour permettre le croisement, et des marches transversales permettant de gérer les variations de niveau. Nous ne rencontrons qu’un troupeau de dromadaires, paissant sous la férule de leurs bergers. Sujet de prestige pour ceux qui les élèvent, ils ne sont plus utilisés pour le bât depuis que le réseau de routes est asphalté, et que leurs propriétaires bédouins et leurs familles préfèrent leurs énormes 4X4 climatisés japonais ou américains. Plus confortable, pas de mal de mer. En fait, ils sont souvent destinés à la boucherie, comme depuis toujours. Les chameaux, pas les bédouins.
Succédant à la voie, le sentier aborde une large plaine très verdoyante, mais dépourvue de cultures. Les champs tapissés de moutardes sauvage en fleur donnent à cette zone aride en été une teinte jaune et une fraicheur inattendue, avant d’aborder le site archéologique de Tel Arad. Cette hauteur est un site exceptionnel habité dès l’âge du Bronze, vers 3000 av.J.-C., qui contrôlait le cuivre exploité dans la région, mais aussi les bitumes de la mer morte située à 30 km. Un rempart la ceinturait, et les maisons cananéennes apparaissent dans le tissu urbain. Une forteresse plus réduite est bâtie à l’âge du Fer, vers 600 av. J.-C., étonnement conservée, dont les points marquants sont un temple, et une énorme citerne de 10 mètres de profondeur, permettant de tenir un siège. La journée se termine par le trajet jusqu’à Arad, la grande ville aux portes du désert. Seul un petit bois pourrait nous accueillir pour dormir, mais il est loin de la ville, et nous voulons ménager notre monture pour la première étape de désert le lendemain.
Mauvaise pioche, nous ne trouvons pas d’emplacement, et sommes réduits à ressortir de la ville pour dormir dans une sorte de terrain vague, non sans avoir dévoré un traditionnel fel-a-fel.