Néguev: épisode 2

Deux mots sur les kibboutz : A l’origine, ce sont des communautés implantées après la création d’Israël et la guerre de 1948 pour développer l’agriculture dans des espaces ingrats vides de population. Une organisation de jeunesse appartenant à l’Agence juive, Hachomer Altsaïr , était chargée de recruter des jeunes dans les pays du monde entier, sur des bases idéologiques, ces jeunes juifs d’obédience trotskyste désirant mettre en application le socialisme réel : « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». L’originalité réside dans le fait que les terres, propriété de l’Etat, ont été dévolues aux kibboutz pour 99 ans. Des membres élus, sous le contrôle d’assemblées générales, les administrent, les cultivent, les gèrent librement, au mieux des intérets de la communauté. De là proviennent les ressources qui permettent d’assurer l’équilibre du fonctionnement et l’autonomie de la structure. Au quotidien, le kibboutz ressemble à un quartier résidentiel, d’environ 500 personnes, avec ses équipements, jardin d’enfants, écoles, centre culturel, centre de santé…Toutefois, un solide grillage les isole de l’extérieur. Une grande surface est consacrée à la ferme et aux travaux agricoles, au stockage, etc, ou aux activités industrielles ou tertiaires pour les kibboutz qui ont reconverti leurs activités économiques sous la pression urbaine, en particulier à proximité des villes, comme dans la banlieue de Tel Aviv.

C’est donc de chez nos amis que nous partons en voiture le lendemain de notre arrivée pour préparer notre épopée : la traversée de désert ne s’improvise pas. Le problème principal étant l’approvisionnement en eau, nous devons pour pouvoir suivre notre itinérance, acheter des pacs de bouteilles et les cacher à chaque étape, matérialisée par des aires où le camping est autorisé. Pour ne pas se les faire piquer, avec pelle et pioche, nous creusons donc des trous dans lesquels nous cachons les bouteilles, trois par personne, qui nous permettront de poursuivre notre route le lendemain. C’est le strict minimum : trois litres pour boire, un litre pour le thé et le repas du soir (des bolinos compactés ou des soupes), et s’il en reste quelques gouttes pour une toilette que vous devinez sommaire.
Dans sa Clio, Patrick nous emmène ainsi à toutes les étapes accessibles par route ou par des chemins plus ou moins carrossables. Quand les nuitées ne sont pas accessibles, nous laissons à l’étape de la veille double ration, cinq bouteilles. Dieu que c’est lourd dans le sac!
Nous passons ainsi la journée à tourner sur les routes et des chemins parfois cassants du nord du Neguev grâce aux cartes détaillées, entre les villes de Arad, Dimona, Sde Bocker, Yeroham, pour ne pas oublier une cache, dont l’absence interromprait notre parcours.

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