La muraille des amandiers

Il y a quelques semaines, Louis nous a fait découvrir les grandes murailles au-dessus de Saint Georges de Luzençon pour protéger les amandiers.

A propos de ces grandes murailles situées sur les hauteurs de la route reliant Saint Georges à Saint Rome de Cernon à droite en direction de St Rome. Voici quelques informations relevées dans le livre d’André Fages « Caselles, pierres sèches ».

« On peut admirer un travail remarquable, à la fois par sa singularité et sa qualité. Le travail y fut effectué sur plusieurs siècles : en 1850, son propriétaire d’alors, Charles de Montety, embauchait sur le pont du Cernon à Saint Geaorges, les « sans-travail » ou « trimardeurs », comme on les désignait à l’époque. Avant de se rendre à leur tâche, une soupe et du vin leur étaient servis. Dans la journée, ils recevaient une collation : tel était le salaire perçu pour un travail consistant à empierrer le pourtour des champs et à édifier des murs en pierres sèches remblayés de débris. A intervalles réguliers, on pratiquait des créneaux où l’on plantait des amandiers. Ces creux, véritables réservoirs à chaleur, avaient pour but de protéger les arbres des gelées de printemps. L’épaisseur et la hauteur des murs facilitait le ramassage des fruits, par le cheminement sur leur crête, c’est ainsi qu’au cours des siècles s’est crée cette œuvre colossale de quatre hectares aux murs maçonnés de pierres sèches, de 1,70mètres de haut sur deux mètres et plus de large, approchant les deux kilomètres linéaires.

Si les arbres ont aujourd’hui disparu, les murs ont encore fière allure. A l’époque, on trouvait des amandiers dans toute la région, les premiers ayant été greffés «  à la trompette » en 1560 à Luzençon. Saint Georges fut un centre d’expédition d’amandes et Jean Gauffre, récoltant et négociant de 1898 à 1926, aimait à rappeler la saison faste de 1905 où il expédia cinq wagons de cinq tonnes d’amandes tendres et pointues . Dans ce lieu, elle se vendaient 4 livres le setieren 1759 et 38 francs le quintal en 1829. Le dernier de la lignée, René Gauffre, cessa le négoce en 1968. »

Mais revenons sur l’histoire de Saint Georges …

Saint-Georges-de-Luzençon portait auparavant le nom de Saint-Georges de Valserena. Les révolutionnaires l’appelèrent la Vallée Pure, vallée dans laquelle coule le Cernon. L’histoire de Saint-Georges-de-Luzençon remonte au IVème siècle avec l’existence de différents peuples sur le territoire attestée par dolmens, tessons et cimetière barbare à Briadels. Vers 1140, les Templiers y ont des possessions.

Vers 1250, Saint-Georges passe dans la mouvance du royaume de France. En 1360, comme tout le Rouergue, il tombe sous la dépendance anglaise pour quelques années. Le domaine est échangé entre l’évêque de Rodez et le comte de Toulouse. Il est dévasté par les protestants de Las Ribes au XVIème siècle, puis du duc de Rohan au XVIIème siècle. Durant les guerres de religions toutes les églises des environs ont été pillées ou ruinées, Compeyre, Creissels, Saint-Georges, Luzençon, Creyssac, Peyre, Comprégnac, Saint-Rome de Cernon, Tiergues, Olonzac, La Bastide Pradines, Saint-Pierre de Gourgas, Lapanouse de Cernon mais pas celle de Saint-Geniez. Le seigneur fait remarquer que cette défense de l’église n’a été possible que parce qu’elle était toute proche du château.

Au XIXème siècle, une nouvelle et vaste église est construite, une fontaine publique est érigée. La vieille église romane de la placette est démolie. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la maison des Tilleuls est un lieu de décisions importantes de la Résistance. La Croix Rouge s’y établit. Aujourd’hui, elle est transformée en gîte et accueille des touristes.

Côté Larzac, Saint Georges de Luzençon compte quelques anciennes mines. Celles-ci ont été exploitées au moins depuis 1377, Le charbon pauvre (lignite) qu’on en extrayait,  à une époque où tout le monde se chauffait au bois, était destiné surtout aux forges, fours à chaux et autres artisanats.   Elle fait l’objet à la fin du XVIIIème siècle d’une véritable activité industrielle. Les charbonnières ne paraissent pas avoir enrichi leurs exploitants successifs. Elles ont fonctionné  jusqu’après la guerre de 1914-1918 et ont repris un semblant d’activité pendant la guerre de 1939-1945.

Ecrit par Isabelle R. et Louis T.

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